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Sous le regard de l'Ararat

  • Photo du rédacteur: Maya APRAHAMIAN
    Maya APRAHAMIAN
  • 14 sept. 2025
  • 3 min de lecture

Nous voilà de retour à Erevan au même hôtel que les premiers jours. En une journée, nous sommes repassés d'un temps automnal à l'été.

Hue cheval, pas trop vite. Je m'en vais vous conter le récit de la journée.


Après une nuit chez des agriculteurs à Tatev dans des chambres disparates, non chauffées et avec une douche oscillant entre glacial et brûlant, petit déjeuner entièrement maison : pain tiède, beurre doux, féta, yaourt pétillant comme du kéfir — tout sauf le café. De quoi nous remettre de bonne humeur. Puis direction le téléphérique de Tatev, « Wings of Tatev », 5,7 kilomètres suspendus au-dessus du vide. Le plus long téléphérique au monde.

Les bénéfices du trajet vont au monastère, paraît-il. Dommage que le hameau de Tatev ne semble pas bénéficier des retombées tellement les habitations et les rues nous ont paru pauvres.

Le tramway des airs arrive. Nuages bas, vue absente, juste un aperçu des gorges d’hier. Il paraît que cette météo est rare. Nous n'avons pas de chance sur ce coup là. Tant pis, il faudra revenir une autre fois lors d'un prochain voyage.

De l’autre côté, notre guide nous attend, reposé dans un confort plus classique à Goris que notre halte chez l’habitant. C'est nous qui avions insisté, et je pense que nous avons bien fait de découvrir l'envers du décor pour mieux apprécier les autres hébergements.

On reprend la route et on quitte le Syunik et le crachin.


Noravank. Canyon flamboyant, falaises rouges. Nous ne nous arrêtons pas aux grottes d’Areni : déjà visitées il y a dix ans, bien avant l’ouverture au public, quand un guide astucieux nous y avait menés. Ici, sur la façade du monastère fermé pour travaux, deux caractères arméniens entremêlent plusieurs lettres en une seule : à la fois initiales de saints, du Christ et de je ne sais plus qui.

De quoi me donner envie d'améliorer la lecture de l'arménien. Bien que celui inscrit ici soit ancien. Néanmoins en quelques jours, je décrypte de plus en plus les 36 caractères, j'identifie des mots, je saisis des bribes de conversation et j'adore ça.

Pause déjeuner. Puis, traversée d’un village privé d’eau courante, dépendant d’une source à vingt-sept kilomètres. Les routes se ferment, les frontières pèsent. Les exclaves autrefois franchissables sont désormais problématiques.


Face au mont Ararat qu’on devine dans les nuages, symbole plus fort encore pour l'Arménie qu’il ne lui appartient plus, Khor Virap enfin. « Puits profond ». Treize ans d’emprisonnement pour Grégoire l’Illuminateur avant de convertir un roi et un peuple. L’Arménie fut la première nation à adopter la religion chrétienne de manière officielle.

À mon sens, et je m'arrêterai là dans le développement de mon opinion personnelle une des branches chrétiennes la plus authentique et qui donne la place à une vie de famille normale à de nombreux dignitaires, sauf les moines ou ceux en haut de la hiérarchie.


Retour à Erevan. L’air chargé, brutal après la paix des pierres, des steppes et des montagnes.

Derniers instants avec Garen, notre formidable guide chauffeur qui repart dès demain vers d’autres voyageurs. Quelle vie !


Nos prochains jours seront libres. On ira se perdre dans les rues, explorer le quartier d’enfance de mon homme et de sa cousine. Et repartir, oui vers nos foyers confortables. Mais ce qu’on aura senti, touché, retenu, restera suspendu quelque part entre deux mots : retour et souvenir.





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